Une incroyable analogie d'un député particulièrement réactionnaire (ou tout simplement bien rémunéré apr Monsanto...) de l'UMP, a eu lieu lors de la dernière lecture du projet de loi pro-OGM à
l'Assemblée nationale.
Voulant mettre la gauche et les Verts en difficulté, il a reproché au gouvernement de gauche en 1986 d'avoir attendu quelques mois avant de généraliser les tests (encore à peine fiables) sur le
dépistage du sida... Sic.
Cette comparaison est tout à fait extraordinaire pour les lecteurs un peu férus des découvertes de Monsieur Freud : il y aurait donc un rapport de similitude entre le sida ce fléau
planétaire et les OGM ? Celui des dégâts énormes faits par l'un et probables de l'autre...
Merci Monsieur le député de nous le révéler, malgré vous !
La France d'en haut compte les milliards d'euros des dividendes du CAC 40, le président de la république fait le VRP des grands contrats dans le monde entier en guise de politique étrangère. La
France d'en bas a du mal à boucler ses fins de mois dans une conjoncture de plus en plus détériorée. Dis-moi combien de zéros comportent les nombres que tu manipules par jour et je te dirai où tu
te situes. Question d'échelle...
Une famille traite en un mois quelques centaines d'euros, voire quelques milliers ; un commerçant de quelques milliers à quelques dizaines de milliers et une PME de quelques dizaines à quelques
centaines de milliers.
AREVA, EADS, ALSTHOM, leurs dirigeants et nos dirigeants politiques manipulent plusieurs milliards d'euros à chaque contrat de centrale nucléaire ou d'Airbus. Et les banquiers s'intéressent
très peu aux petits comptes. D'où leur désintérêt pour les PME et pour toutes les autres façons deproduire de la richesse. Ils oublient que les petits ruisseaux font les grandes rivières. Alors
vive les grands comptes !
Nos élites centralisatrices (aux moeurs plus franques que gauloises) n'ont que peu de considération pour les gens ordinaires. Contrairement aux autres dirigeants d'Europe, ils manifestent trop
souvent des comportement monarchiques et distants.
Une enquête européenne publiée dans La société de défiance par P Cahuc et Y Algan révèle que la France est dernière en Europe (www.cepremap.ens.fr/depot/opus/OPUS09.pdf ) pour la civilité et l'honnêteté vis-à-vis de l'Etat. Les citoyens se font peu confiance entre eux et encore
moins à l'Etat. La capacité des candidats politiques à faire des promesses jamais tenues n'y est pas pour rien depuis ces dernières années.
D'où des relations dures entre les français, une violence très forte dans les rapports humains et un Etat qui régente tout y compris pour se détruire à petit feu...
La restauration de relations de confiance est un enjeu majeur et un chantier "révolutionnaire", au bon sens du terme. Qui osera s'y atteler ?
Sensibiliser les citoyennes et les citoyens au développment durable duant une semaine, c'est positif bien sûr ! Mais tellement insuffisant devant l'ampleur des périls et des dégâts déjà occasionnés à la planète par notre activité irresponsable...
Les files de camions, les pesticides cancérigènes, les nitrates pollueurs, les 4 x 4 mégalos, les produits chimiques aux effets non testés, la biodiversité qui disparaît (adieu le râle des genêts, les bleuets,...) le programme autoroutier de Sarkozy, les OGM autorisés contre l'avis de l'Europe, la marchandisation odieuse de la vie des gens continuent leurs effets durables eux aussi et catastrophiques.
Le développement soutenable (c'est-à-dire supportable par notre seule planète) est un chemin, une méthode et pas une solution miracle, un nouveau Graal. Il demande un apprentissage collectif, des échanges, des confrontations, des délibérations, des choix et des remises en question de soi comme des autres, dans le respect mutuel. Les intérêts de chacun sont légitimes mais partiels et comme le disait Jean Monnet, "pour dépasser les égoïsmes entre les hommes et les nations, il faut appréhender la vue d'ensemble, et construire tous ensemble l'intérêt général." Chacun a le droit de cité, mais nul ne peut se prendre à lui tout seul pour la Cité.
Alors les petits ruisseaux feront les grandes rivières... pour s'y baigner comme autrefois. Il est plus que temps !