Vendredi 3 juillet 2009

Les déboires du père Patrick Braud, curé d'Angoulême, qui fut ordonné prêtre à Cognac il y a vingt ans, et qui fait la une de Sud-Ouest ce jeudi 3 juillet 2009 appellent quelques réflexions fortes et des questions redoutables :

- était-il correct et non indécent de le mettre à la une du journal alors qu'il n'est que présumé coupable ?
- et "coupable" présumé d'attouchements, rebaptisées agressions dans le titre de l'article et non de viol ?
- pourquoi les trois jeunes filles concernées ne protestent-elles que dix ans plus tard ? Soit à 25 ans et plus...
- comment se sont-elles concertées ? qui a entraîné qui ?
- y a t il eu un besoin de réparation psychologique ? une volonté de vengeance ? ou autre chose ?

Soyons lucides, quinze ans, c'est l'âge des attouchements, c'est-à-dire le mot employé par la presse. Il ne s'agit pas de viol et à quinze ans on est en âge d'exprimer son consentement ou son refus !
Quand à l'âge, il est celui de la majorité ou du mariage dans d'autres pays de la planète.

Décidément l'église catholique reste enfermée dans une pensée binaire avec ses dogmatismes et ses méfaits sur ce prêtre notamment : elle exige toujours de choisir entre l'amour de son Dieu et l'amour humain ! La plupart des autres religions ont adopté le contraire : on peut vouer sa vie à sa foi religieuse ET avoir une compagne ou un compagnon !

Ce dogme venu de l'Eglise catholique, et non du Christ et des premiers chrétiens, continue de faire des ravages. C'est pour échapper à cette interdiction binaire injustifiable que beaucoup des catholiques d'aujourd'hui se comportent en fait comme des protestants, oubliant peu à peu l'écran rigide et réactionnaire, qui les sépare de Dieu c'est-à-dire de leur conscience.

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Mardi 19 mai 2009

Lundi 18 mai, Cognac - UIA. Conférence sur les nanotechnologies.Un universitaire informaticien de haut niveau, et membre du comité d'éthique de la MGEN. Cela promet une attitude de prudence et de précaution vis-à-vis des nouvelles inventions humaines.

Rien de tout cela ou presque...
Pour les précautions, il suffit de "faire confiance à l'Homme" (le même discours simpliste que dans la vieille gauche), rien sur les règlementations à construire, les études d'impact sanitaire et environnemental et le temps nécessaire pour évaluer.

Heureusement que sur Google le matin, les articles trouvés étaient beaucoup plus divers et critiques pour certains, même ceux du Figaro. Celui du CNRS était assez pusillanime mais un encadré de J.P Dupuy très alerteur.
Insulte en passant aux témoins de Jéovah qui prédisent l'Apocalypse, alors qu'ils l'ont toujours fait bien avant les nanotechnologies ; et façon très pernicieuse d'assimiler aux témoins de Jéovah toutes les critiques radicales.

Rien évidemment sur le développement durable et sur la fin des ressources minérales : il a montré des courbes de croissances des ressources minérales qui ne faisaient que monter !
Jamais les mots démocratie et contrôle citoyen, orientations démocratiquement choisies de la recherche... "Oui nous avons quelques commissions d'éthique mais en interne à Veolia, au CNRS, aux entreprises" et surtout pas un débat citoyen et le principe de précaution. Ne pas se faire dépasser par les USA justifie tout ?

Pour la morale, oui elle est supérieure à la science (en réponse à une question) mais elle varie avec les pays, ici on mange du chien et pas chez nous ; alors il faut s'adapter tant bien que mal !
Il ne cite pas la Charte universelle des droits de l'homme de l'ONU de 1948. Inculture épistémologique feinte ou réelle ? Dans les deux cas, cela fait peur ! Ce productivisme qui ressasse le miracle scientiste du début du 20è siècle ne mérite pas d'autre leader que Sarkozy ! La science peut tout et tout est bon. On dirait du Attali. Einstein a dit à la fin de sa vie : "si j'avais su, je me serai fait plombier".  Le conférencier a oublié de dire que les "savants" les plus fous théorisent ce mélange merveilleux de la machine et de l'homme avec des micropuces greffées partout pour le suivre, sous le nom de transhumanisme. Sic ! Alertez les bébés !

Les trois questions des participants étaient toutes critiques, dont une sur le devenir dans le corps humain des objets nanométriques pas du tout abordé et qui a reçu une réponse très floue.

Le summum de la pensée scientiste a été sa définition de la vie : un programme codé dans l'ADN. Dès qu'on aura le code, on améliore la vie, l'homme, les organes...  Rien sur le rôle du contexte et les interactions nombreuses et méconnues entre tous les éléments du vivant, la notion d'organisation, etc.. Alors que la vie est d'abord un mystère, puis ensuite un système de systèmes de systèmes dont nous ne connaissons que peu de choses, mais nous sommes tellement orgueilleux !
Nous étions à mille lleues de la complexité du monde et d'une pensée qui la respecte, c'était la vision du garagiste appliquée à l'être humain. Les lendemains des nanotechnologies risquent de ne pas chanter.

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Mardi 21 avril 2009

Samedi 18 avril, meeting du Front de gauche à Cognac. Une petite centaine de personnes dont beaucoup de curieux, de socialistes et de Verts. Un orateur brillant, Jacques Généreux, économiste prof esseur à Sciences Po Paris. Et le mot Front revenu à gauche, tant pis pour Le Pen.

Côté points forts, il brosse un portrait des années 50 et 60 idyllique au regard de la situation actuelle économique sociale et environnementale. Autrefois c'était mieux ! En oubliant de dire que tous les indicateurs de bien-être le confirment quels que soient les modes de calcul.
Il dénonce avec raison une nouvelle droite à l'oeuvre, cynique, violente, totalitaire et très différente du balladurisme et du chiraquisme mou.
Il rappelle ce que tout marxiste a appris mais qui est dû à Adam Smith dans son  Essai sur la richesse des nations : ce ne sont pas les riches qui créent la richesse, peu d'entre eux sont de vrais entrepreneurs, c'est le travail humain !
Il démontre que l'Europe actuelle va à sa perte, vaste marché qui se délite, sans âme et sans conscience, menés par des dirigeants sans courage ou dépassés, voire complices ou aveuglés par leur idéologie ultralibérale.

Côté points faibles, une minute sur le socialisme qui serait actuel, mais douze minutes sur le thème "l'écologie c'est nous" qui laisse ébahi son public. On entend un grand silence au lieu des applaudissements précédents... Les écologistes, ceux qui travaillent depuis plus de trente ans pour montrer les liens entre tous les aspects de la réalité, ne sont que des naturalistes ! Sic !
Problème : quand on est écologiste, on ne dit pas "changer d'Europe", on dit "changer l'Europe" car on n'oublie pas le socle géologique et géographique, qui lui n'est pas changeable de façon majeure. Voilà une différence d'une lettre qui trahit le faux message et traduit le vrai, à savoir "seuls l'économique et le social sont importants" en oubliant l'environnement, ce socle de toute vie humaine possible. 
La vieille aspiration révolutionnaire, à l'ancienne et émouvante, est là qui transpire dans l'affiche et son logo : une étoile (guévariste ou maoïste) et un drapeau à deux couleurs, rouge clair en haut, brun rouge en bas, qui s'il était remplacé par du bleu nuit deviendrait exactement celui du FNL vietnamien que nous avons tant arboré dans les rues du Quartier Latin il y a longtemps !  Souvenirs, souvenirs...

Plus grave, l'appel au débat a été sans cesse proclamé, mais on nous avait prévenu dès le départ qu'il n'y aurait pas de débat. Vieux reste de ce qu'il faut bien appeler du stalinisme, dont le PCF ne s'est jamais totalement débarassé... empêchant sa mutation.
Dénonciation brillante du productivisme par l'orateur, récupération habile de la belle formule des décroissants "qualité des liens vaut mieux que quantité des biens", appel au jeune Marx sur l'émancipation des travailleurs, la vie bonne et pas le avoir plus ; mais qu'en pensent les communistes ?
Enfin, pas un mot sur le nucléaire et sa pesante mise en danger du monde, rien sur les rapports Nord Sud et la dette énorme que nous avons à leur égard...

Un entre deux chaises aux ambiguités multiples, un patchwork peu solide. La vie tranchera. Ce n'est qu'un début, continuons le débat.

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Lundi 23 février 2009
La Birmanie dictature abominable et la répression effrayante du peuple Karen, Total y a des contrats juteux... avec l'absolution d'un certain Dr Kouchner ?
L'Erika bateau pourri qui a abimé toute la côte atlantique, Total en faisait son beurre !
AZF à Toulouse et les consignes de sécurité sans doute comprimées par un service maximal aux actionnaires, Total dirigeait ça de main de maitre.
La Gaudeloupe et les prix exorbitants de la Sara qui asphyxient les populations d'une façon éhontée, Total en fait son beurre !

Il est plus que temps de détruire ce type d'entreprise probablement corruptrice et sans doute corrompue, plus puissante par son budget que bien des Etats de la planète. De la couper en morceaux distincts. Et de ne plus tolérer d'entreprises aussi grosses et sans contrôle. Et d'y associer les salariés, les consommateurs, les élus locaux : concevoir les entreprises du futur avec des parties associées et non plus le Total opaque !

Démocraties ou multinationales, l'heure du choix est venue. pour les citoyens et aussi pour les gouvernants... courageux. Yes we can !
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Jeudi 12 février 2009

Salle comble hier soir au Pathé, plus de 300 personnes. La mobilisation de Catherine C. mère de famille a payé, nos enfants ne nous accuseront pas. Jean-Paul Jaud en personne est là pour présenter son film (voir mon blog du 9 décembre 2008 sur la méthode Barjac). Les questions fusent.

Des agriculteurs bio et des conventionnels, des gens de gauche et de droite, des écologistes et des consommateurs soucieux de leur santé, la Biocoop, l'AMAP mais aussi des représentants de petits magasins bio indépendants, le peuple de France... du cognaçais. Un paysagiste raconte comment en 4 ans d'étude il n'a pas eu une heure d'information sur la vie microbienne du sol et l'intérêt des soi-disant "mauvaises herbes", soit une véritable approche écologique du jardin, alors que 7 millions de français jardinent et sont de grands pollueurs sans le savoir... ou sans mesurer les conséquences de leurs gestes, sur leur santé et leur feuille d'impôts !
Le débat a duré très tard dans la salle puis à la buvette jusqu'à une heure du matin. J.P Jaud nous a appris que le film provoque un raz de marée (positif) dans toutes les petites villes et en milieu rural. Plus de 120 000 personnes ont déjà vu le film et en parlent autour d'eux. Des perspectives se dessinent de nouvelles présentations en Sud-Charente, à Saintes, etc.

Une association de parents et de citoyens pour l'alimentation bio dans les cantines scolaires va se lancer dans le cognaçais, déjà forte d'une centaine de signatures. Le WWF,une grande organisation mondiale (ONG) pour la biodiversité et le respect du vivant, lance un appel du 18 juin 2009 pour que tous les parents de France aillent ce jour là au sortir de l'école, avec leurs enfants, rencontrer leurs élus et exiger l'introduction - qui peut être progressive - d'une alimentation non toxique dans les cantines scolaires de leur commune.

Lors de la première du film à Paris le 5 novembre 2008, J.P Jaud a fait venir Paul François ce céréalier du Nord-CHarente empoisonné gravement par un pesticide de Monsanto et qui a du mener 4 ans de bataille contre eux (et la MSA !) pour faire reconnaître son "gazage" en tant que maladie professionnelle (Sud-Ouest du 4/11/8).
Autre bonne nouvelle, la commune de Le Thor près d'Avignon s'est vu reconnaître le droit pour une commune de se déclarer sans OGM pour protéger la santé de ses habitants, contre la volonté du préfet qui a défendu des intérêts privés et dangereux plutôt que la santé publique ! Rappelons que les OGM sont des éponges à pesticides et qu'ils sont faits pour pouvoir en mettre encore plus sur les plantes... Honte au représentant de l'Etat et bravo pour les élus locaux. Le maire est un fils de paysan...(http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=50156). Une jurisprudence favorable va se faire.

L'heure des choix a sonné pour chacun et pour les représentants du peuple : santé publique, lutte contre l'effet de serre, qualité de la vie, soutien aux producteurs locaux et aide à leur reconversion, non dépendance aux multinationales cupides. Nos enfants ne nous accuseront pas, leur santé est plus précieuse que tout. Tous ensemble, nous avançons.

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Vendredi 6 février 2009

Cinéma Pathé jeudi 5 février, 21h,  le film de Jean-Michel Carré "j'ai (très) mal à mon travail" est présenté par son fils Basile co-réalisateur. Cent personnes dont le maire.
Un film fort, émouvant, poignant comme l'importance du travail pour chacun-e de nous. Quelques reproches pourtant : il prend souvent la partie pour le tout et ce de plusieurs façons.
. 1 - Le travail y est confondu avec l'emploi, alors que la revalorisation du travail passe par le fait de savoir distinguer travail et emploi pour mieux les conjuguer. J'en ai fait un livre à usage pédagogique, tant cette distinction est claire dans le secteur pionnier et trop peu connu de l'IAE (insertion par le travail) mais inconnue ailleurs. Edgar Morin l'a résumée de façon magistrale au Congrès de SOS Amitié à Poitiers en 1993 : "l'emploi (et l'employeur) peut étoffer le travail (et le travailleur), comme il peut l'étouffer ! "  Le travail est un contenu et l'emploi un contenant mais seulement un de ses contenants, bien sûr le plus important depuis quelques siècles...
D'autres contenants existent qui peuvent compenser des effets nocifs de l'emploi sur le travail... ou en être à leur tour affectés ; comme la vie quotidienne (s'entretenir), la famille (l'éducation est un vrai travail), la formation (apprendre est un travail), l'engagement bénévole pour une cause, encore un autre de ces contenants, tellement motivant car permettant un travail choisi.
Soigner quand on est médecin ou infirmière est un travail, le cadre dans le quel on le fait en est le contenant qui va influer sur la qualité de ce travail, mais n'est pas ce travail... En libéral ? Salarié ? Bénévole ? Fonctionnaire ? Une véritable écologie du travail humain appelle une qualité de l'emploi et une qualité du milieu de vie !

. 2 - Les entreprises citées sont toutes de très grandes entreprises, Dassault, Carrefour, IBM (le CAC 40) qui pressurent au maximum leurs travailleurs par et dans l'emploi, pour des actionnaires aussi cupides que cachés. Ca n'est que 40% du salariat privé et il existe beaucoup d'autres situations de travail (économie sociale, associations, artisans, PME) où les dirigeants tentent honnêtement d'exercer ce que Mary Parker Follet appelait dès 1910 un management respectueux. Elle dénonçait Taylor et sa vision déshumanisante, elle affirmait et montrait que les ouvriers étaient les mieux placés pour définir l'organisation du travail ! Une vision révolutionnaire (et féminine) que l'on redécouvre aujourd'hui.

3 - Le point de vue d'un ergonome aurait pu équilibrer celui du politologue enflammé, ignorant Mary Parker Follett, qui jugeait à charge les seuls "grands comptes", si influents en France ; car si proches de l'Etat et dirigés souvent par les mêmes hommes ! Comme si toutes les autres types d'entreprises n'existaient pas. Ne nous étonnons pas qu'avec cette culture jacobine et du centre hypertrophié, le tissu de PME soit beaucoup plus faible en France qu'en Allemagne ou en Italie.

Le film montre bien que la machine folle qui broie les humains maltraités au dedans comme les humains jetés au dehors est le productivisme fou, enfant naturel du capitalisme financier et destructeur de la planète. Celui là même qui vient de révéler au monde sa vanité, sa nocivité, sa cupidité et sa pulsion de mort fondatrice.  Il manque juste à ce film quelques propositions concrètes, le seul sourire de Christophe Dejours disant qu'elles existent déséquilibre fortement ce document, laissant un sentiment d'impuissance dommageable.

Pourquoi pas la limitation du pouvoir des actionnaires par un collège équivalent de salariés dans toute entreprise de plus de 50 personnes, pour faire vivre le principe de légitimité plurielle ? Chacun a le droit de cité, mais nul ne peut se prendre à lui tout seul pour la cité, pas plus le Medef que la CGT !
Ou encore, la fin de l'interim et son remplacement par des Groupements d'Employeurs de Territoire (pays, agglomération) multisectoriels (donc multiconventions collectives) pour accompagner des parcours professionnels enfin sécurisés ? Ce système marche et se répand déjà dans toute l'Europe. Une formule simple et si nécessaire : sécurité garantie de l'emploi contre mobilité du travail.
Enfin conjuguer avec précaution et intelligence le "travailler plus pour gagner plus" si individualiste et parfois légitime avec le "travailler mieux - et souvent moins - pour travailler tous" , pour plus de fraternité sociale et de bien-être partagé.

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Mardi 9 décembre 2008

Vous prenez les ingrédients suivants :
- vous pratiquez (ou vous soutenez) une agriculture naturelle, à l'ancienne, avec des "outils modernes" comme les insectes pour attaquer les parasites des cultures (cocinelle, micro-guêpe, etc.) ; on appelle ça une agriculture biologique ou biodynamique ou paysanne ou durable, etc.
- vous craignez le cancer qui a déjà touché vos proches ou vous-même, vous chassez systématiquement tous les pesticides dans vos cultures et le Round up dans vos jardins
- vous mobilisez vos élus locaux sur ce terrible problème de santé publique : + 93% des cancers en 25 ans dont 70% pour des causes environnementales. Et si peu de prévention...
- si vos élus font le mort ou ne bougent pas par inconscience ou manque de courage, vous en changez à la première occasion. Il nous faut des élus qui savent pratiquer le "on se dit nos désaccords... en toute amitié" et qui affirment en le prouvant que "c'est pas au comptable de choisir la politique de la commune" !
- vous ajoutez une forte dose de bons cuistos. Des cuisiniers qui retrouvent le goût de leur métier - cuisiner - et rendre heureux des enfants et des adultes par la nourriture, qui sont revalorisés par leur savoir-faire, leurs idées, leurs découvertes ; qui (re)deviennent le centre de nos préoccupations communes : des instituteurs du savoir se nourrir...
- et vous tournez le tout avec une bonne sauce de lucidité, de confiance, de joie de vivre ensemble et de fêtes locales. On appelle ça la sauce Jean-Paul Jaud et ça marche. Allez voir le petit village gaulois de Barjac.

Tant pis pour les chimistes (j'en étais un) qui nous empoisonnent depuis trente ans par cupidité et l'Etat français qui est complice.
Ne les laissons plus remplacer les paysans par des molécules de synthèse !

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Lundi 4 août 2008

Nadine Plantevigne est décédée vendredi matin. Maudit cancer.
Je ne pensais pas qu'un jour j'écrirai ces mots terribles sur mon ordinateur. Elle n'aura pas eu le moindre moment de répit pour profiter d'une retraite tant méritée. La maladie nous l'a enlevée à une vitesse et avec une progression terrifiante, les nuages semblaient toujours plus noirs.

Mais Nadine vivra toujours dans nos coeurs. Nous n'oublierons pas son sourire un peu moqueur mais si indulgent, sa grande exigence et sa grande tolérance à la fois, une véritable éducatrice au sens fort du terme.
Son courage, sa capacité à s'impliquer personnellement et à ne pas se cacher derrière le groupe quand elle le jugeait nécessaire, Nadine était une femme forte et authentique.

Nous les cognaçais, les associatifs, les habitants de Crouin, ses amis, ses collègues, tous les anciens de Jeanne d'Arc, du Texte Libre, du Centre Soins et Santé, de l'ASERC et d'Associa, nous perdons une militante de tous les combats de notre époque. Ciao Nadine !

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Dimanche 25 mai 2008

En dehors des protestants pour lesquels le mot de Réforme garde une signification historique incontestablement progressiste, à savoir le désir de rénovation d'une Église catholique enrichie, corrompue et en accointance permanente avec un pouvoir royal peu tendre pour le petit peuple, le mot de réforme est en train de prendre dans ce pays, grâce à Messieurs Balladur (1993) et Sarkozy (2007) un sens particulièrement régressif, c'est-à-dire au sens propre réactionnaire ! Qui retourne en arrière.

Qu'il s'agisse de surpeupler les prisons, de dépénaliser les tricheries du monde économique (le gros, celui du CAC 40, pas le petit qui se fait gruger dans les tribunaux de commerce comme à Angoulême il y a quelque temps...), de tenter de faire des lois rétroactives sur la criminalité sexuelle, de dénaturer le Code du Travail sous couvert de réorganisation, de trahir en long et en large l'esprit du Grenelle, etc. toutes ces initiatives politiques n'ont qu'un seul but, permettre au Maire de Neuilly arrivé au Palais de l'Élysée de servir ses amis du grand patronat, boulimique d'argent et de privilèges. Les cupides et les sordides !
Je ne suis pas sûr que cela abuse les français encore longtemps...

Ou alors des réformes bling bling !

Un certain Jean-Pierre Raffarin quand il était président de la région Poitou-Charentes était régionaliste et voulait supprimer les départements. Il n'a fait que les renforcer, au lieu de les articuler intelligemment avec la région et de faire des économies sur le budget de l'État. Mais au jourd'hui, on va faire beaucoup mieux, le grand NS va supprimer les numéros de départements !
Alors qu'ils jouent un rôle de rencontre entre "pays" (gens d'une même contrée) lors de leur voyage en France ou à l'étranger et sont plutôt facteurs de convivialité dans une société en train de la perdre... Des leurres et de "la com", plutôt que de vraies réformes attendues par tous et efficaces.

Comme l'a dit son ami François Léotard qui l'a longtemps fréquenté de très près, dans un excellent petit livre d'une centaine de pages, tout cela va mal finir...

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Jeudi 1 mai 2008

Fabrice Nicolino nous dit dans son dernier livre La faim, la bagnole, le blé et nous : une dénonciation des biocarburants sorti en octobre 2007 : « Dans les pays pauvres, 75 % du revenu des habitants est consacré à l'alimentation. Si le prix de l'alimentation double, c'est la catastrophe, ils n'ont pas d'échappatoire. » Un livre paru avant que l'on ne commence à parler de lien entre crise alimentaire et les biocarburants.

Le point de départ a été une interrogation personnelle et morale. Selon les chiffres de l’ONU, il y a 850 millions d'affamés chroniques dans le monde, et nous, nous utilisons les céréales pour faire rouler nos voitures. « Dans de nombreux pays, on a une surproduction de céréales. On a, alors, relancé une vieille idée de la fin du XIXe siècle : les utiliser pour faire rouler les voitures.
À cette époque, cela n'avait pas été retenu, car le pétrole ne coûtait rien. Aujourd'hui, on ressort cette idée. Sur la base d'études très discutables, poussées par des lobbies de l'agriculture industrielle, on a commencé à raconter qu'utiliser les biocarburants était bon pour le climat, pour la qualité de l'air. En parallèle, des études pointant les effets néfastes étaient publiées dans des revues internationales, signées de grands noms comme l'Allemand Hartmut Michel, prix Nobel de chimie. »

Jean Ziegler, rapporteur spécial des Nations-Unies pour le droit à l'alimentation, dit que « la fabrication de biocarburants est aujourd'hui un crime contre l'humanité ». Le biocarburant est une industrie criminelle. On est en fait en train d'affamer la planète, et de créer une concurrence entre les terres agricoles. Aux États-Unis, avant, le maïs servait à l'alimentation, il était en partie exporté. Aujourd'hui, les Américains consacrent 30 % de leur production aux biocarburants, qui sont hautement subventionnés, et n'exportent quasiment plus. Cela a déclenché la montée des prix, et la spirale de la crise alimentaire.
Dans les pays pauvres, 75 % du revenu des habitants est consacré à l'alimentation. Si le prix de l'alimentation double, c'est la catastrophe, ils n'ont pas d'échappatoire. Les ‘bio’carburants sont aussi une bombe climatique. « Prenons l'exemple de l'Indonésie, où les biocarburants sont extraits des palmiers à huile. Les terres des forêts tropicales sont brûlées, les souches des arbres sont arrachées, les palmiers à huile peuvent alors être plantés. Cela a un effet désastreux. »

En Asie du Sud-Est, ces forêts sont aussi le dernier refuge des orangs-outangs, qui sont du coup directement menacés de disparition. Beaucoup de gens ont d'abord perçu l'arrivée des biocarburants comme une solution face à la crise climatique. Maintenant que l'on découvre les effets néfastes, la machine est lancée, et plus personne ne sait comment l'arrêter !

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