Mercredi 14 octobre 2009 3 14 /10 /2009 10:00

L'histoire ne finit jamais. Dans un temps où les cicatrices profondes de l'histoire font retour en Europe, réactivant les vieux clivages entre les peuples et leurs cultures, il est étonnant de constater combien l'influence de la petite tribu franque qui a "fondé" notre pays - au détriment de la culture gallo-romaine qui dominait depuis quatre siècles - est toujours présente, et surtout fait retour en force dans les moeurs de notre vie politique depuis le début de la Vè République. Tout particulièrement sous le règne de Nicolas 1er...

_ Nous nous appuyons sur un des meilleurs ouvrages consacrés à la civilisation franque par Patrick PÉRIN et Laure-Charlotte FEFFER, Les Francs, Ed Armand Colin, 2001.


1 - Le roi franc confond son trésor personnel et l'argent de l'Etat. Chez les francs, il n’y a pas de bien commun comme à Rome, le roi est le roi des Francs et non d’un territoire ; le royaume est plus un butin qu’un État ; le roi use du royaume comme d’un patrimoine privé (page 229). Ce n’est que vers 1370 que le roi Charles V dit le Sage, après avoir triomphé de nombreuses rébellions fomentées souvent par les privilégiés du royaume, instaure la distinction entre les dépenses de l’Etat et celles de la Couronne. “ c’est-à-dire entre l’impôt dont l’affectation est contrôlée par le collège des généraux conseillers et les revenus du Domaine. Ainsi se met en place l’un des principes fondamentaux d’un État moderne… ” écrit Jacques Marseille.

Il va même jusqu’à instaurer une magistrature élective, en s’inspirant des principes d’Aristote, pour en finir avec l’arbitraire de la désignation royale et instaurer une certaine indépendance des officiers de la Couronne !

Près de 900 ans de pratiques instaurées par les rois francs viennent alors de changer !
Mais ce ne sera pas définitif, la Vè République, 600 ans plus tard, n’hésitera pas à renouer avec ces funestes pratiques à travers les fonds secrets de l’Elysée et la désignation par le Chef de l’Etat de plus de mille hauts fonctionnaires… Avec Chirac à la mairie de Paris, le RPR a totalisé dix dossiers d’inculpation ! La presse belge vient de nous renseigner sur la façon dont le président actuel a dynamisé son budget et dynamité le notre !

2 - Le roi franc est aussi le juge et le législateur suprême : confusion des pouvoirs versus le droit romain et ses principes jurisprudentiels (page 245).Napoléon a incarné cet aspect franc et a d’ailleurs installé le franc comme monnaie de la France. Aujourd'hui le président est en train de détruire l'indépendance de la justice, la suppression du juge d'instruction en est le dernier témoignage. Sa prise de contrôle des médias et de la télévision publique en est un autre.


3 - Le roi franc est au dessus des lois, il peut passer outre, voire les modifier ; il est la source exclusivement royale du droit public (page 246) à la grande différence de l'Angleterre. Le statut du Président en 2002 face aux affaires relève de cet aspect . Plus fort encore, en 2006, Chirac promulgue le CPE et demande qu’on ne l’applique pas ! Le président actuel s'est durement heurté au Conseil Constitutionnel.

4 -  La confusion était permanente entre l’État et la personne royale : les domestiques occupent également de hautes fonctions administratives ; les “ major domus ” deviendront les maires du palais, charge peu à peu héréditaire ; les carolingiens en sont issus en chassant les mérovingiens (page 261).
Les technocrates de l’ENA passent des cabinets au rang de ministre sans l’once du suffrage universel. Citons Pompidou, Villepin, ou mieux les remplace : Guéant, Gaino parmi les plus connus… Pauvres ministres.

5 - La notion de service public présente dans l’administration romaine, disparaît (page 268). Tout commentaire est inutile avec le sort fait à la Poste en ce moment, aux hopitaux.

6 - J'ai relevé pas moins de seize correspondances entre le royaume franc, ses moeurs brutales, antidémocratiques et le comportement des derniers présidents. Publication en préparation.

7  - Plus fort encore : la nomination de l'étudiant en droit de 2è année (à 23 ans, ça n'est pas une flèche) Jean S. à la tête de l'EPAD est une forte ilustration des moeurs franques en vigueur chez les élites de ce pays. Le roi nomme son fils et chez les francs ça finissait souvent dans le sang... Une chanson de la Commune de Paris disait : "A quand enfin la République de la justice et du travail ? ". Elle s'intitulait " Les mauvais jours finiront "







Par sébcf - Publié dans : il vaut mieux en rire...
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