Lundi 11 juin 2007 1 11 /06 /Juin /2007 07:10

Au terme de six mois intenses de campagne, ponctuée de rencontres passionnantes, inespérées, de ratages prévisibles et de succès qui l’étaient moins, je livre aux lecteurs et lectrices de ce blog - que je sais nombreux maintenant - une première réflexion. A travers mes différents métiers, la pédagogie a été un fil conducteur presque toujours présent, en formant des adultes (de niveau 6 à Bac plus 14) et plus récemment des étudiants. La politique m’a occupé elle aussi beaucoup. De 66 à 89, et cette campagne électorale à nouveau intensément depuis un an.

En pédagogie, il ya bien un minimum de théâtralisation de l’intervention du formateur ; il faut capter l’attention, la maintenir, sentir la qualité d’écoute du public et s’y adapter, repérer s’il s’ennuie... En politique, un maximum de théatralisation s’impose, car il s’agit non pas de transmettre, d’enseigner mais de séduire ou de convaincre ! la forme devient quasiment le fond... Tout le monde n’est pas Jaurès, mais la communication de masse devient le savoir essentiel des élus s’ils veulent durer. Et la langue se fait de bois ! Les promesses pleuvent, la superficialité déferle...

En pédagogie, on prépare beaucoup avant d’entrer en piste et on évalue tout autant l’après prestation : la visibilité du formateur (qu’on appelle le temps "en présence" ou présentiel) est forte mais sur un temps très limité entre ces deux activités complémentaires. En politique, c’est l’inverse, peu de préparation d’après ce que j’ai pu en juger, encore moins d’évaluation, mais un maximum de visibilité. On peut même dire qu’aujourd’hui la politique, médiatiquement reconditionnée, se limite à cette recherche obsessionnelle de visibilité. Mon affiche était trop petite bien sûr, et la photo pas terrible ! Aïe, aïe !

Je plaide pour que, d’une part, la politique cesse d’être un métier qui engendre le sentiment de tout savoir et d’avoir réponse à tout. Que les élus redeviennent proches de ceux qu’ils représentent, donc les écoutent car ils ont beaucoup de savoirs sur ce qu’ils vivent ! Et n’aient pas le temps de devenir trop compétents, ce qui n’est plus de la politique (faire des choix) mais de la technicité (repérer les comment agir). Et d’autre part, il faut que les techniciens, les experts des matières à traiter, qui les assistent et les accompagnent tout à fait légitimement avec leurs compétences, soient INTERDIT DE FONCTIONS ELECTIVES !

Ainsi chacun choisirait : faire SC Po plus l’ENA ou être un-e élu-e du peuple. Alors cesserait cette captation du pouvoir par une élite technocratique, corporatiste et qui s’autoreproduit. De dynastie en dynastie, jusque chez les Verts, qui voulaient tant faire de la politique autrement...

Merci aux 1015 personnes qui nous ont fait confiance, l'action écologique continue !

Par michel adam - Publié dans : au fil des jours
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