Mardi 19 mai 2009
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Lundi 18 mai, Cognac - UIA. Conférence sur les nanotechnologies.Un universitaire informaticien de haut niveau, et membre du comité d'éthique de la MGEN. Cela promet une attitude de prudence et de
précaution vis-à-vis des nouvelles inventions humaines.
Rien de tout cela ou presque...
Pour les précautions, il suffit de "faire confiance à l'Homme" (le même discours simpliste que dans la vieille gauche), rien sur les règlementations à construire, les
études d'impact sanitaire et environnemental et le temps nécessaire pour évaluer.
Heureusement que sur Google le matin, les articles trouvés étaient beaucoup plus divers et critiques pour certains, même ceux du Figaro. Celui du CNRS était assez pusillanime mais un encadré
de J.P Dupuy très alerteur.
Insulte en passant aux témoins de Jéovah qui prédisent l'Apocalypse, alors qu'ils l'ont toujours fait bien avant les nanotechnologies ; et façon très pernicieuse d'assimiler aux témoins de
Jéovah toutes les critiques radicales.
Rien évidemment sur le développement durable et sur la fin des ressources minérales : il a montré des courbes de croissances des ressources minérales qui ne faisaient que monter !
Jamais les mots démocratie et contrôle citoyen, orientations démocratiquement choisies de la recherche... "Oui nous avons quelques commissions d'éthique mais en interne à Veolia, au CNRS, aux
entreprises" et surtout pas un débat citoyen et le principe de précaution. Ne pas se faire dépasser par les USA justifie tout ?
Pour la morale, oui elle est supérieure à la science (en réponse à une question) mais elle varie avec les pays, ici on mange du chien et pas chez nous ; alors il faut s'adapter tant
bien que mal !
Il ne cite pas la Charte universelle des droits de l'homme de l'ONU de 1948. Inculture épistémologique feinte ou réelle ? Dans les deux cas, cela fait peur ! Ce productivisme qui ressasse le
miracle scientiste du début du 20è siècle ne mérite pas d'autre leader que Sarkozy ! La science peut tout et tout est bon. On dirait du Attali. Einstein a dit à la fin de sa vie : "si
j'avais su, je me serai fait plombier". Le conférencier a oublié de dire que les "savants" les plus fous théorisent ce mélange merveilleux de la machine et de l'homme avec
des micropuces greffées partout pour le suivre, sous le nom de transhumanisme. Sic ! Alertez les bébés !
Les trois questions des participants étaient toutes critiques, dont une sur le devenir dans le corps humain des objets nanométriques pas du tout abordé et qui a reçu une réponse très floue.
Le summum de la pensée scientiste a été sa définition de la vie : un programme codé dans l'ADN. Dès qu'on aura le code, on améliore la vie, l'homme, les organes... Rien sur le rôle du
contexte et les interactions nombreuses et méconnues entre tous les éléments du vivant, la notion d'organisation, etc.. Alors que la vie est d'abord un mystère, puis ensuite un système de
systèmes de systèmes dont nous ne connaissons que peu de choses, mais nous sommes tellement orgueilleux !
Nous étions à mille lleues de la complexité du monde et d'une pensée qui la respecte, c'était la vision du garagiste appliquée à l'être humain. Les lendemains des nanotechnologies risquent de ne
pas chanter.
Publié dans : indignation
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