Lundi 24 mars 2008
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« Vivre indigné », disait Zola, vive « l’homme révolté », répondait Albert Camus. "Quand c’est insupportable, on ne supporte plus", titrait une affiche en juin 68.
On ne liquidera jamais 68, car cette flamme vient de loin, elle vivra encore dans le cœur des humains longtemps après la disparition de notre imprévisible et inquiétant président.
Je reste imprégné de ces événements pour les avoir vécus à Paris, par surprise. Le vendredi 3 mai vers 18 heures, en sortant du métro au terme de ma journée de travail de jeune informaticien, je
suis jeté dans un car de police sans rien comprendre à ce qui se passe dans ce Quartier Latin que j’aime tant. J’ai eu le malheur de protester parce que devant moi avec une rage incroyable, un
policier vient de jeter par terre un photographe de presse et de broyer son appareil avec son fusil. Je n’ai pas su tenir ma langue et lui ai demandé pourquoi il se comportait de cette façon. Hop,
embarqué ! Dans le car au milieu de tous les étudiants et des passants arrêtés, on m’a expliqué… le début du film. Alors je suis revenu tous les jours jusqu’à la fin mai !
J'ai conservé beaucoup de documents de cette époque. Dans
Le Monde du 12 juillet 68, en guise de premier bilan, le sociologue Albert Meister connu pour ses travaux sur les associations et
sur l’autogestion dans les kibboutz et en Yougoslavie, titrait son papier : « Croître moins vite pour vivre mieux » ! Quarante ans après, pas un mot à changer, même si tout a changé…
Les fous de la « guerre économique » et du productivisme suicidaire devraient lire le dernier livre de Michel Serres
Le Mal propre ; polluer pour s’approprier. Ils comprendraient peut-être
qu’il n’y a plus qu’une seule guerre. La guerre pour sauver la planète et surtout sauver l’humanité qui croûle à la fois sous les ordures des nantis et dans la misère et la paupérisation d’un
nombre toujours croissant de gens.
La guerre écologique a commencé et c’est vraiment la dernière. Bienvenue à bord du Titanic où comme le dit Hubert Reeves, il y a autre chose à faire qu’à se battre pour avoir la meilleure
cabine !
Puisse l’esprit de Mai souffler à nouveau et les humains, notamment leurs dirigeants, devenir un peu plus sages… plus Mandela ou Gandhi que Bush ou Poutine.