Sensibiliser les citoyennes et les citoyens au développment durable duant une semaine, c'est positif bien sûr ! Mais tellement insuffisant devant l'ampleur des périls et des dégâts déjà occasionnés à la planète par notre activité irresponsable...
Les files de camions, les pesticides cancérigènes, les nitrates pollueurs, les 4 x 4 mégalos, les produits chimiques aux effets non testés, la biodiversité qui disparaît (adieu le râle des genêts, les bleuets,...) le programme autoroutier de Sarkozy, les OGM autorisés contre l'avis de l'Europe, la marchandisation odieuse de la vie des gens continuent leurs effets durables eux aussi et catastrophiques.
Le développement soutenable (c'est-à-dire supportable par notre seule planète) est un chemin, une méthode et pas une solution miracle, un nouveau Graal. Il demande un apprentissage collectif, des échanges, des confrontations, des délibérations, des choix et des remises en question de soi comme des autres, dans le respect mutuel. Les intérêts de chacun sont légitimes mais partiels et comme le disait Jean Monnet, "pour dépasser les égoïsmes entre les hommes et les nations, il faut appréhender la vue d'ensemble, et construire tous ensemble l'intérêt général." Chacun a le droit de cité, mais nul ne peut se prendre à lui tout seul pour la Cité.
Alors les petits ruisseaux feront les grandes rivières... pour s'y baigner comme autrefois. Il est plus que temps !
Une conférence captivante à la bibliothèque de Cherves, ce vendredi 16 mars, devant plus de cent personnes par Roger garnier un conférencier captivé, né à Javrezac et ancien haut fonctionnaire européen.
Nous avons revécu le parcours de ce cognaçais visionnaire, autodidacte, qui a travaillé avec les plus grands dirigeants économiques et politiques du monde durant plus de 70 ans ! "Un homme d'Etat du monde" disait Kennedy. "Un génie, mais apatride" déclarait De Gaulle. Celui qui fut le premier citoyen d'honneur de l'Europe, en eut l'intuition fondatrice et la méthode de conception... contre vents et marées, de succès en échecs et d'échecs en succès. "Nous ne coalisons pas des Etats, nous unissons des hommes", disait-il.
La relecture de ses mémoires révèle combien il a su, à la manière d'Edgar Morin, comprendre les relations complexes qui se nouent entre les parties et le Tout d'un système. Dépasser le point de vue légitime mais trop étroit de l'intérêt de chacun, pour appréhender le point de vue d'ensemble, et construire l'intérêt général.
Quel formidable enseignement pour la France d'aujourd'hui qui a tant besoin de savoir construire de nouveaux compromis entre toutes ces parties, légitimemement opposées (oui), mais inconscientes de leur complémentarité.... Jean Monnet aurait bien aimé ce que j'appelle le principe de légitimité plurielle, que je présente en détail au chapitre 16 de mon dernier livre L'association, image de la société paru chez L'Harmattan en avril 2005 et présenté en juin dans un colloque de Cerisy.
Mardi soir à Jarnac, devant une cinquantaine de personnes, Séverine Tessier a plaidé pour une moralisation de la vie politique en France. Elle en a bien besoin. Entre telle candidate, déjà élue, et qui se croit propriétaire de sa circonscription, ou tel candidat qui demande et reçoit la Légion d'Honneur pour avoir simplement exercé le très dur métier de chef de cabinet d'un président de conseil général, puis d'un maire et devenu maire lui-même, ou tel groupe délus locaux qui avalise des tarifs d'eau sans les faire justifier par leur fournisseur (une multinationale) la politique reste un lieu de pratiques féodales... Sans parler de la réserve parlementaire ou de l'écrètement, ces pratiques clientélistes inadmissibles !
L'association ANTICOR relève le défi, et rassemble des députés de tous partis (il y a même quelques UDF et un UMP). Dominique Voynet, Corinne Lepage, Arnaud Montebourg ont adhéré. Une douzaine de propositions indispensables à l'amélioration radicale de la démocratie ont été formulées :
- inéligibilité à vie pour tout élu condamné ;
- interdiction totale du cumul des mandats et des fonctions ;
- pouvoirs accrus pour la Cour des Comptes,
- qui sera saisissable par les citoyens ;
- formation obligatoire des élus à la gestion ;
- etc...
Une bonne adresse : anticor@noos.fr
Alors que l'homme qui murmurait à l'oreille des baudets semble découvrir le développement durable, voici une initiative interessante: http://www.display-campaign.org/ La campagne Display est organisée par l'association Energie-Cités (http://www.energie-cites.org/) depuis 2003 au niveau européen.
Elle inclut de nombreuses villes (par exemple Niort et Rochefort pour notre région) et vise à encourager toute autorité locale à afficher volontairement les performances énergétiques et environnementales de ses bâtiments publics, en utilisant le modèle de l'étiquette des appareils électroménagers. Le site regroupe aussi des exemples à suivre en matière de reductions d'énergies, … Je vous laisse découvrir tout cela.
Un livre célèbre d'Alain Lipietz, grand économiste et aujourd'hui député européen Vert, s'intitulait "la société en sablier" ; il montrait l'écrasement progressif des classes moyennes et ouvrières très qualifiées au profit des "ultra-riches" et de catégories pauvres et très pauvres de plus en plus nombreuses. D'où l'image d'un sablier... En dix minutes cet après-midi dans Cognac, j'ai croisé quatre Mercedes dernier modèle et dix quatre quatre, (la plupart aux vitres fumées... pour mieux voir sans être vu, ce qui est le contraire de l'urbanité, où chacun peut voir l'autre et même le saluer : c'est le principe de la ville que de favoriser la rencontre ! )
Je ne peux m'empêcher de rapprocher ce flot de voitures très coûteuses de l'article des retraités de la CGT ce matin dans la presse locale sur la grande misère des femmes âgées et seules, avec moins de 300 euros par mois ! Oui Cognac est bien une ville en sablier, elle a été astreinte à payer la redevance (de peréquation) des villes les plus riches... et incroyable mais vrai, elle a aussi touché la compensation des villes ayant le plus de revenus modestes.
L'avenir de l'humanité, c'est bien aujourd'hui la question de la limitation et du toujours plus, qui engendre ailleurs le toujours moins. Ce qu'Edgar Morin appelle une civilisation écologique !
Pourquoi les élus du SIEACC de Cognac, Merpins et St Brice n'ont-ils pas le courage d'une réunion publique et contradictoire sur le dossier de l'eau ? Ont-ils des choses à cacher ? Les citoyens veulent aujourd'hui des représentants qui soient transparents et prêts au dialogue.
L'intérêt général se construit au grand jour et dans une procédure contradictoire, c'est la base même de la démocratie ! Il n'y a pas de sujet tabou et de chiffres à cacher... ou alors la loi devra être appliquée.
La grandeur de la France dont quelques candidats nous rebattent les oreilles n'est-elle qu'un cache-sexe de leurs propres ambitions et une façon médiatique de nous faire oublier les difficultés extrêmes de tant de nos concitoyens, qu'ils soient salariés, artisans, TPE ou petits commerçants ? Les bénévoles des Restos du Coeur que je regardais hier à la télé sont envahis de honte et et colère quand ils nous apprennent que de 8 millions de repas servis en 1986 ils sont passés à 75 millions en 2006 !
Dans une vraie démocratie, nos élites seraient accusées de non assistance à personne en danger. Mais heureusement en France cela risque peu d'arriver, notre devis n'est-elle pas "liberté, inégalités, porte-avion nucléaire ? " Attention au réveil !
Dans un journal local, le candidat de l'UMP ministre depuis 5 ans promet à une lectrice d'autoriser le cumul emploi retraite s'il est élu. Or la loi Fillon du 25 août 2003 qu'il a co-signé avant promulgation, en tant que ministre de l'intérieur, le permet depuis 2006. J'en ai personnellement bénéficié pour effectuer quelques vacations spécifiques et mon ami fonctionnaire Michel X le fait également depuis deux ans !
Alors, incompétence ou escroquerie du candidat qui préfère promettre plutôt que d'informer honnêtement une électrice ?